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Publié dans Le Monde juillet
2007
Le Tour de France est un spectacle avant tout. Quelle
que soit la vitesse moyenne, le spectacle existera toujours. C'est pour cela que
les organisateurs ont raison d'affirmer avec vigueur leur volonté d'éradiquer le
dopage. Le spectacle restera, de toute façon. Les gens sont aujourd'hui mûrs
pour apprécier le geste sportif plutôt que la performance. En athlétisme, on bat
de moins en moins de records et ce qui compte, c'est désormais la bagarre, la
bataille entre athlètes. Ce sont ces bagarres qui font l'essence du sport.
Dans le domaine du dopage, l'athlétisme et le cyclisme
sont les sports les plus exposés. Ils doivent entraîner tous les sports dans le
cercle vertueux d'un sport propre, même s'il restera toujours des
tricheurs.
L'attitude d'ASO (Amaury Sport Organisation), la société
organisatrice du Tour de France, est salutaire. Je crois en la sincérité de
Christian Prudhomme (le directeur du Tour) et j'espère que son combat ira au
bout. L'athlétisme ne se situe pas encore sur la même voie que le
cyclisme.
COURSE AU FORMATAGE
Les Fédérations internationales, le Comité international
olympique ont à ce sujet une grande responsabilité. Ils devraient aider les pays
en manque de moyens à construire des processus de suivi longitudinal, au lieu de
financer de bien trop grandes manifestations. Il y a un assez dérangeant double
langage des autorités internationales. Elles réclament toujours plus de
spectacle sportif, et prônent en même temps un sport propre.
Les médias sont également très exigeants en termes de spectacle
sportif. Il y a une course au formatage de l'événement sportif, qui nuit aux
athlètes et qui n'a pour but que de faire toujours plus d'argent. Il serait bien
plus utile de s'efforcer d'aider les sportifs.
Il faut que les sanctions, concernant le dopage, ne soient pas
que sportives mais aussi financières. Rembourser une année de gain ferait
fortement réfléchir. Je suis contre la suspension à vie : un tricheur n'est pas
un criminel. Se doper est une faute sportive grave, mais les athlètes ont le
droit à une seconde chance.
Bernard Ansalem, président de la Fédération française
d'athlétisme
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